{"id":33,"date":"2018-03-10T18:02:31","date_gmt":"2018-03-10T18:02:31","guid":{"rendered":"http:\/\/nicolaswatinefr-wp.local\/?p=33"},"modified":"2018-06-17T21:30:14","modified_gmt":"2018-06-17T21:30:14","slug":"quatre-vingt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nicolas-watine.fr\/histoires-courtes\/quatre-vingt\/","title":{"rendered":"Quatre-Vingt"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Un petit cimeti\u00e8re perch\u00e9 sur la colline de V\u00e9zelay, et bien loin de l\u00e0, Versailles et ses jardins \u00e0 la fran\u00e7aise. L\u2019un \u00e9coule sa solitude pr\u00e8s des nuages, l\u2019autre d\u00e9roule ses fastes au soleil. Pourtant tout les deux ont des all\u00e9es, des ifs, des buis, des marbres. L\u00e0-haut les logis \u00e9taient construits pour les Morts, ici bas pour nos Rois. Lorsque le temps att\u00e9nue puis \u00e9teint notre affection pour les morts et que les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations vont s\u2019installer dans un nouveau cimeti\u00e8re d\u2019un confort plus conforme aux normes europ\u00e9ennes, les visites se rar\u00e9fient, le vieux cimeti\u00e8re peu \u00e0 peu est abandonn\u00e9, et la municipalit\u00e9 finit par n\u2019envoyer qu\u2019une fois par an un employ\u00e9 pour faucher les grandes herbes. Alors, le promeneur solitaire y trouve un immense bonheur parce que la po\u00e9sie a envahi ces lieux d\u00e9sormais inutiles.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">A V\u00e9zelay, le vieux cimeti\u00e8re est en contrebas du nouveau. Son acc\u00e8s est moins facile, le chemin est tr\u00e8s pentu. Alors les acquis sociaux de notre \u00e9poque pr\u00e9cautionneuse interdisent aux pr\u00eatres de renouveler le triste \u00e9v\u00e8nement qui arriva en Picardie, sur les bord de l\u2019Authie, rivi\u00e8re frontali\u00e8re avec l\u2019Artois, dans le hameau de Montrelet aujourd\u2019hui disparu. Cet \u00e9v\u00e8nement fut rapport\u00e9 par Madame de S\u00e9vign\u00e9 \u00e0 La Fontaine qui en fit &#8220;Le Cur\u00e9 et la Mort&#8221; : Un chemin tr\u00e8s raide. Un cercueil, mal ficel\u00e9 sur le corbillard, qui glisse et va se fracasser contre le Cur\u00e9 emport\u00e9 \u00e0 son tour par la mort.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Dans le vieux cimeti\u00e8re d\u00e9sert\u00e9, les morts ne sont plus entretenus, ni lessiv\u00e9s, ni fleuris. Dans l\u2019oubli, ils ont trouv\u00e9 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. L\u00e0, entre les hauts murs, il n\u2019y a aucun mouvement, aucun passage, aucune visite, aucune pri\u00e8re, tout est calme, m\u00eame les vents ne peuvent y venir pour distraire son atmosph\u00e8re, l\u2019immobilit\u00e9 s\u2019est install\u00e9e avec son odeur.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Hasard ? Les quatre coins sont occup\u00e9s, l\u2019un par Monsieur le Maire, et les autres par les trois Ordres, le Clerg\u00e9, la Noblesse et le Tiers-\u00e9tat. Ici, on ne se m\u00e9lange pas, ce n&#8217;est pas un lieu o\u00f9 enterrer ses diff\u00e9rences.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Monsieur le Maire, devenu pieux avant de s\u2019enfoncer dans sa fosse, souhaitait \u00eatre entour\u00e9 de buis, symbole de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00e0 laquelle dor\u00e9navant il aspirait, ultime promotion. Sa tombe, certainement la plus imposante parce que la R\u00e9volution ne dessert pas tout le monde, est encore entour\u00e9e d\u2019une belle haie de buis, mais oubli\u00e9e depuis trois r\u00e9publiques\u2026<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Certains, sans doute les citadins les plus distingu\u00e9es, ceux dont les connaissances bucoliques s\u2019arr\u00eatent aux cimeti\u00e8res fr\u00e9quent\u00e9s par obligation, ne supportent pas le buis, lui trouvant l\u2019odeur du macchab\u00e9e qui se n\u00e9glige. Ou, plus d\u00e9licatement, l\u2019odeur de la mort. Mais de la mort en mauvaise sant\u00e9 tout de m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Le Clerg\u00e9, est repr\u00e9sent\u00e9 par Antoine, pr\u00eatre de la paroisse. Il avait refus\u00e9 tout buis, m\u00eame b\u00e9nit, incommod\u00e9 par son odeur prosa\u00efque. D\u00e9j\u00e0 sa vie terrestre avait \u00e9t\u00e9 ammoniaqu\u00e9e par les pipis du chat de sa gouvernante, alors maintenant qu\u2019il \u00e9tait enfin seul dans sa derni\u00e8re demeure, l&#8217;odeur de saintet\u00e9 lui suffisait.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Th\u00e9odorine de L. de La G. repr\u00e9sentante de la Noblesse, \u00e9tait originaire de Brest. Elle avait beaucoup voyag\u00e9 mais, se sachant ici en transit, elle n\u2019avait pas pris de concession \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. Tr\u00e8s d\u00e9vote, elle avait n\u00e9anmoins gard\u00e9 une certaine distance avec la mort, ce qui avait att\u00e9nu\u00e9 sa familiarit\u00e9 avec ses semblables et l\u2019avait incit\u00e9 \u00e0 choisir un coin, celui du nord-ouest, sous un vieil if \u00e9bouriff\u00e9, pour un bref repos, car impatiente de sortir de l\u00e0, elle attendait la R\u00e9surrection et avait refus\u00e9 une tombe close d\u2019une haie de buis, trop difficile \u00e0 enjamber le jour de la r\u00e9incarnation. Les femmes de grande vertu ne sont jamais r\u00e9incarn\u00e9es en sauterelle.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Jean-Baptiste et son \u00e9pouse Jeanne, repr\u00e9sentant le Tiers-\u00e9tat, avaient pris possession de l\u2019angle sud-ouest car dans ce petit coin le soleil est si doux en hiver qu\u2019ils s\u2019y sentent bien, comme chez eux. Ici tout est simple, pas de buis parce qu\u2019on croit encore aux privil\u00e8ges des grandes demeures agr\u00e9ment\u00e9es de jardins aux buis parfaitement entretenus. Ici, on pousse la discr\u00e9tion jusqu\u2019\u00e0 n\u2019\u00e9mettre aucune odeur. Il y avait bien autrefois quelques fleurs, mais il en reste aujourd\u2019hui seulement les pots de terre, meurtris par le gel.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Et puis d\u2019autres morts, d\u2019autres tombes. A quelques pas de l\u00e0 s\u2019\u00e9tait log\u00e9 Honor\u00e9 qui mourut tr\u00e8s \u00e2g\u00e9. Si \u00e2g\u00e9 que sa date de naissance \u00e9tait devenue illisible.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Ici et l\u00e0 quelques crucifix se rouillent d\u2019ennui. Pour eux Nauphary Wallace avait \u00e9crit cette \u00e9pitaphe, eux qui n\u2019en ont jamais\u00a0: &#8220;Les humeurs humides de l\u2019abandon gercent mes heures d\u2019une douleur monochrome. Ah, mon Dieu, fallait-il mourir\u00a0?\u00a0&#8220;.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Un peu plus loin, sur sa st\u00e8le Charles avait fait sculpter son beau profil, agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019une splendide moustache. Cet homme qui respirait encore la sant\u00e9 semblait tourner sa t\u00eate \u00e0 gauche, puis \u00e0 droite, humant l\u2019air du temps et ses senteurs passag\u00e8res. Son \u00e9pitaphe aurait pu \u00eatre\u00a0: &#8221;\u00a0Toute odeur m\u2019est bonheur&#8221;.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Plus \u00e0 l\u2019ouest,\u00a0Auguste, &#8220;Il fut juste et bon\u00a0&#8220;, royal. Et Augustine, &#8220;le travail et la charit\u00e9 furent les gloires de sa vie&#8221;. De quoi faire p\u00e2lir un Monarque.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Et puis, surprises, on d\u00e9couvre ici et l\u00e0, No\u00e9mie, puis Louis, puis Jeanne, et tous s\u2019appellent Morand, comme Paul, l\u2019auteur de &#8221;\u00a0Fouquet, ou le soleil offusqu\u00e9&#8221; et nous voil\u00e0 \u00e0 Vaux-le-Vicomte, antichambre de Versailles, et ses jardins \u00e0 la fran\u00e7aise ne supportant pas la moindre mauvaise herbe qui s\u2019aventurerait \u00e0 pousser librement o\u00f9 bon lui semble.\u00a0Jardins \u00e0 la fran\u00e7aise o\u00f9 &#8220;Toute \u00e9motion est imm\u00e9diatement d\u00e9nonc\u00e9e et sarcl\u00e9e&#8221; nous dit l\u2019\u00e9crivain. Quel contraste avec ces lieux\u00a0o\u00f9 les herbes poussent jusqu\u2019\u00e0 en devenir folles\u00a0!<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9s de la tombe modeste de Roger, seulement \u00a0&#8220;peintre&#8221;, et de celle en ruine de Pierre &#8220;gardien des monuments historique&#8221; enfouie sous le lierre , il y a un bel if qui dans sa jeunesse re\u00e7u une \u00e9ducation stricte. Des cours de maintien le taill\u00e8rent au plus pr\u00e8s pour lui donner belle allure. Puis il avait grandi et ensuite s\u2019\u00e9tait \u00e9mancip\u00e9. Maintenant ses grands rameaux gourmands s&#8217;en allaient aux gr\u00e9s de leurs humeurs caresser longuement quelques pr\u00e9noms f\u00e9minins, pour les d\u00e9v\u00eatir de leur mousses pudiques.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">En retrouvant sa libert\u00e9 au sortir d\u2019une messe dominicale, apr\u00e8s une immobilit\u00e9 forc\u00e9e, Nauphary Wallace avait toujours ressenti na\u00eetre en lui une immense disponibilit\u00e9 et un immense besoin d\u2019action, ce qui le rendait fragile devant tous les charmes de la vie. Un dimanche, \u00e0 la sortie de la grand-messe de onze heure, quand le Cur\u00e9 fait sonner \u00e0 toute vol\u00e9e les cloches de sa basilique pour couvrir le brouhaha mondain qui tient le pav\u00e9 du parvis, Nauphary Wallace avait remarqu\u00e9 une jeune femme, seule dans cette assembl\u00e9e. Sous un grand chapeau de paille aux larges bords qu\u2019elle avait agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019une brindille d\u2019if piquet\u00e9e de baies rouges, elle souriait en regardant le ciel bleu o\u00f9 tournoyaient des pigeons affol\u00e9s, plus par l\u2019avarice de cette foule venue sans la moindre graine que par la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 du son des cloches.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Oph\u00e9line avait encore son sourire lorsqu\u2019elle aper\u00e7u Nauphary\u2026<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Quelques jours apr\u00e8s, elle lui envoyait ces mots :<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">&#8220;L\u2019absence n\u2019\u00e9mousse pas le d\u00e9sir. Elle l\u2019excite. Je le revis, le ravive, m\u2019en d\u00e9lecte avec plaisir. Il monte, afflue, bat au creux de mon ventre, impatient d\u2019\u00eatre assouvi encore et encore&#8221;.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Et puis Oph\u00e9line disparut, fugace. La vie et ses regards vagabonds les s\u00e9par\u00e8rent.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Encore longtemps apr\u00e8s, quand Nauphary inconsolable fr\u00f4lait l\u2019odeur d\u2019un buis, seule t\u00e9moin de leur passion d\u2019un instant, il se laissait envahir par une douce r\u00e9surgence amoureuse. Fragrance fauve du p\u00e9ch\u00e9 ? Oph\u00e9line\u2026 Oh, f\u00e9line, le buis a l\u2019odeur de l\u2019amour\u00a0! C\u2019\u00e9tait l\u00e0, en contrebas de la basilique, dans le petit pr\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du vieux cimeti\u00e8re, dans les herbes folles, sous le vieux buis sauvage, dans les parfums violents l\u2019infini franchit ses limites et les heures sont br\u00e8ves.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Dans sa derni\u00e8re lettre Nauphary \u00e9crivait ces derniers mots\u00a0:<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">&#8221;\u00a0\u2026et lorsque la solitude de novembre fera frissonner ta peau, penseras-tu que la bise glaciale t\u2019apportera les derniers baisers de nos amours mortes\u00a0?\u00a0&#8220;<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Quand elle tombe sous la cisaille de l\u2019abandon la feuille du buis a la forme d\u2019une larme.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Lorsque Nauphary quittait une nouvelle fois ce cimeti\u00e8re qu\u2019il avait tant aim\u00e9, sur la plus haute branche d\u2019un fr\u00eane une grive musicienne sifflait des cantiques qui descendaient vers la vall\u00e9e, et de l\u00e0 ils allaient se r\u00e9pandre au loin. Puis, dans l\u2019air du soir leurs \u00e9chos lentement remontaient la colline. Alors la grive se taisait, \u00e9merveill\u00e9e par ces m\u00e9lodies, et dans ce bref instant elle pensait entrevoir l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/span>Nicolas Watine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un petit cimeti\u00e8re perch\u00e9 sur la colline de V\u00e9zelay, et bien loin de l\u00e0, Versailles et ses jardins \u00e0 la fran\u00e7aise. L\u2019un \u00e9coule sa solitude pr\u00e8s des nuages, l\u2019autre d\u00e9roule ses fastes au soleil. 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